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Le GRAND EMPUNT une solution?

Publié il y a 7 mois par Bernard Mouton (H79) dans Entreprise et société .

Lorsque nous entendons le Président SARKOZY nous vanter les mérites de l'emprunt pour sortir de la crise, on ne peut qu'écouter : l'important n'est pas tant d'emprunter que de savoir si l'on gagnera plus que le coût de l'emprunt avec ce à quoi il servira....

Certes, il a raison et je me souviens de mon premier cours de finance à HEC, il y a bien trente ans, la limite de l'endettement c'est le profit qu'il permet (coût marginal inférieur à rentabilité marginale ), oui MAIS...

  • MAIS, dans les projets de dépenses étatiques, y a t il une rentabilité au sens traditionnel du terme: l'équipement public, le logement social etc... Indépendamment de l'opportunité de faire on n'est pas dans UNE LOGIQUE ECONOMIQUE.

  • ET, pourquoi aider des activités économiques si l'entreprise privée peut trouver la capacité d'investir sur des projets qui rapportent plus qu'ils ne nécessitent de fonds de remboursement selon la logique financière du Président? Soit la finance ou l'entreprise privée ne veut pas prendre le risque, soit on a un problème de rentabilité de l'investissement ou de délai d'amortissement (ce qui revient au même en final).

  • CAR, ne se trompe t on pas aussi sur la durée de vie des projets face à la durée des emprunts: un emprunt à long terme abaisse la rentabilité nécessaire pou servir la dette, mais aujourd'hui les projets sont à court terme, vite obsolètes, dépassés, nécessitent de perpétuels financements complémentaires pour rester compétitifs et au FINAL QUEL EST LE BILAN?

1- Il n'est pas sûr que l'Etat soit le dénicheur des projets d'avenir rentables et historiquement, les grands plans Calcul, Concorde ou Minitel ont été des fiascos comme nous le rappelle Emmanuel Kessler dans sa chronique quotidienne du 19/11 et que les grands projets structurels (énergie verte ou non, transports, éducation, recherche... ) rentre dans la logique économique décrite par le Président.

2- Il n'est pas sûr non plus qu'on relance en 2009 une activité économique en jouant sur quelques pour cents de l'activité nationale malmenés par le contexte d'une mondialisation et d'une concurrence internationale. Nous ne sommes pas en 1929 ou les Keynésiens pouvaient lancer des grands travaux structurels pour remettre en par l'équipement et la consommation toute l'activité économique ni après guerre où la durée de vie d'une autoroute permettait un service de la dette sur une période beaucoup plus longue que celle nécessaire à sa rentabilisation par les péages... Ca ne marche plus que pour financer les radars automatiques en 2009!!!!

3-Tous ces projets d'investissements et d'équipement, de développement d'énergies nouvelles, de nouveaux outils de transport, formation, éducation, recherche, .... pourraient bien faire partie de tous ces investissements nécessaires ou utiles dont le financement par l'emprunt permet et a toujours permis d'étaler le coût a long terme sur les générations futures pour la part non directement rentable dans une logique de marché.

La réponse à la question a son importance: allons nous nous endetter et alourdir le fardeau et les risques économiques des générations futures ou construire les bases d'un développement économique harmonieux dans le concert des nations et de la mondialisation?

Cette contribution ne se veut pas critique à l'égard de ceux qui cherchent des solutions et des moyens de sortir de cette crise. Elle essaie modestement de poser une question et un embryon de réflexion... et ceci d'autant qu'une part des projets énergétiques ou structurels sont NECESSAIRES.

Quelque part, l'Etat reste contraint de jouer son rôle de construire les structures publiques économiques et sociales qui échappent aux logiques de marché. Quelle part de notre richesse présente et future y consacrons nous?

Quand à l'idée d'un fonds d'investissement populaire défini par Valérie Tandeau de Marsac (Cessons d’endetter nos enfants, enrichissons-les !), assurément intéressante et innovant, j'ai peur hélas que la nature de certains projets rendent ce fond peu attractif. Qui aurait investi dans RFF ? Ceux qui ont investi dans Eurotunel ont bien souffert,... Mais d'autres peut être parmi eux peuvent ils rentrer dans une logique capitaliste (énergie???...)

Il reste à voir les modalités pratiques d'un tel fonds : amortissement du capital ce qui reviendrait à un emprunt participatif supposant rentabilité dans une durée prévue ou fonds autonome ce qui pose la question de sa gestion, du désaccord des porteurs de parts avec les gestionnaires sur les choix de projets ou leur gestion par exemple, de sa dissolution, etc... A quoi ont donc pensé sur cet aspect de gestion les promoteurs du projet? Et à quels types de projets cela peut il s'appliquer?

En fait, de mon point de vue, il existe des structures diverses qui n'ont pas les mêmes exigences financières de rentabilité, certains projets sont logiquement gérés par des EPIC (établissements publics, ), d'autres des sociétés, des organismes sous tutelle... Tout ceci reste à creuser peut être en évitant l'amalgame qui pourrait naître de l'idée globale de Grand Emprunt....

Alors l'Emprunt oui MAIS?

 

 

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