L'économiste et le financier...
Publié il y a 8 mois par Bernard Mouton (H79) dans Business et valeurs .
A la lumière de l'actualité récente et dans la lignée de ma tentative de réflexion sur entreprise et financement, je me repose la question du rapport du risque économique et du financement.
Il est manifeste que l'investissement et le financement de projets à tous les niveaux, de l'aquisition de maisons individuelles (origine des subprimes aux US), aux investissements immobiliers et touristiques des états (origine d'une crise financière étatique rare à Dubaî), en passant par tous les stades d'investissements des entreprises, des programmes publics, des projets de développement, sous estiment la rentabilité des projets et les capacités de remboursement d'endettement qui en découlent, ou sous estiment l'importance du risque des investissements, surtout dans un contexte concurrentiel d'amenuisement des marges et profits. Les prises de risque d'entrepreneurs ou de créations (nouvelles techniques, nouveaux produits...) dont le développement coûte cher avant même que l on ait une idée de la réalité des potentiels renforce ces incertitudes.
Il me semble qu'un des défis majeurs de la sortie de crise auquel il nous faut tous s'atteler est l'évaluation des risques et des rentabilités, les outils ou méthodes ou principes éthiques de la maîtrise des prises des prises de risque. Nous voyons que l'initiative économique et financière a besoin d'aides, de garde-fous, de solutions proposées puisque ce fiasco dans l 'apprehension des risques a conduit à la quasi-faillite du système et de bien des institutions bancaires l'an dernier qui se prolonge aujourd'hui par d'autres situations de cessations de paiements, jusqu'aux états ....
Comment améliorer ou réguler la prise de risque, mieux appréhender les termes du rapport risque/ profit
Il faut répondre à la question jusqu'où vivre à crédit dans un univers de plus enplus aléatoire pour éviter les crises?
Faut il ramener une certaine prudence dans les décisions financières et comment?
Les périodes de prospérité ne génèrent elles pas une sur liquidité de profits dont l'emploi pousse à une prise de risque destabilisatrice voir destructrice?
Désolé en cette matière de poser plus de questions que d'apporter de réponses? Quelqu'un a t'il des idées?
Bon week end.

Oui, avant de partager les solutions, partageons les questions. Votre synthèse de l’actualité est tout à fait intéressante.
Pour mieux appréhender les termes du rapport risques / profits, il y a certainement à identifier par grand secteur d’activité, des points de cristallisation (avec une marge d’incertitude autour de ces points) et avant d’identifier ces points de la cristallisation ou le basculement de l’équilibre du profit vers la perte (ou inversement), il faut inévitablement travailler sur les facteurs en présence, leurs champs de variation, leurs priorités respectives et leurs interférences.
Certains facteurs relèvent d’un univers quantitatif appréhendable (les données objectives et factuelles signifiantes pour l’objectif visé), d’autres relèvent d’un univers flou (les données qualitatives, subjectives qui se prêtent mal à la quantification).
Le problème est celui de la cohérence méthodologique pour traiter avec intelligence les informations relatives à ces deux types de facteurs, afin que les décisions prises ne le soient pas uniquement par référence aux données quantitatives et / ou aux données qualitatives ; qu’elles n’écartent pas certains facteurs, faute de savoir les traiter avec cohérence comme les autres.
Thomas Saaty, mathématicien et scientifique, très intéressé par les applications pratiques, professeur à l’université de Pittsburgh (je suppose qu’il est aujourd’hui à la retraite) a défini une méthodologie tout à fait intéressante pour résoudre ce problème fondamental, par laquelle passe l’analyse du rapport risque / profit.
Cette méthodologie est présentée dans l’ouvrage "Décider face à la complexité" parue chez Entreprise Moderne d’édition en 1984. Cette méthodologie est maintenant informatisée et est intégrée dans un certains nombre de modèles d’évaluation de situations complexes. Il y a eu, je suppose des applications sur la problématique risques / projets et risques / profits, mais je ne les connais pas et ceux qui les ont financé souhaitent sans doute les garder pour eux ?
Peut-être est-ce une piste à approfondir ?
Tout travail sectoriel sérieux pourrait donner une idée des préalables utiles à une synthèse intelligente, qui en tout état de cause, reste à faire.
Bien cordialement
Bernard Hendrickx